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[Industrie automobile] 8 idées reçues qui vous empêchent de vous implanter en France

01 juil. 2020 | Mobilité, À la une

« Le coût du travail est trop élevé en France. » « Les français ne travaillent pas assez. » « Les impôts en France sont trop élevés. » Découvrez en 8 points clés ce qui vous empêche de profiter du potentiel de la France pour développer votre business.

8 idées reçues qui vous empêchent de vous implanter en France

La France est reconnue à travers le monde pour sa gastronomie, son rayonnement culturel, son excellence touristique ou encore son secteur du luxe.

Mais la France c’est aussi une industrie très performante. D’année en année, elle confirme sa position de 1ère destination industrielle des investissements directs étrangers devant l’Allemagne* (baromètre de l’attractivité de la France 2019, EY).

Il reste que certains gardent en tête de vieux clichés.

« Le travail coûte trop cher en France. » « Les français sont toujours en vacances. » « Les impôts étranglent les sociétés basées en France. »

Pour finir de les convaincre, il nous a semblé nécessaire de délivrer une information claire et pertinente aux investisseurs internationaux qui scrutent la France sans y investir.

Dans ce livre blanc, nous avons donc décidé de vous lister huit de ces idées reçues sur la France, ses territoires et son industrie automobile, avec à l'appui :

  • de nouvelles politiques mises en place,
  • d'interviews d’experts et d’investisseurs,
  • des dernières études internationales sur l'attractivité de la France

Sommaire : 

Idée reçue n° 1 : [Compétitivité] Le coût du travail est trop cher

Idée reçue n° 2 : [Compétitivité] La productivité ne rime pas avec français

Idée reçue n° 3 : [Ressources humaines] Les Français sont toujours en vacances

Idée reçue n°4 : [Flexibilité] En France, l’organisation du travail est trop rigide pour les entreprises

Idée reçue n° 5 : [Flexibilité] En France, il est impossible de licencier

Idée reçue n°6 : [Économie] La France n’est pas un pays industriel

Idée reçue n°7 : [Concurrence] L’industrie automobile se concentre en Allemagne

Idée reçue n°8 : [Formalités] Créer une société en France est trop compliqué

Idée reçue n° 1 : [Compétitivité] Le coût du travail est trop cher pour la rentabilité de mon futur site

En 2019, la compétitivité des coûts du travail en France est comparable à celle de l’Allemagne et du Bénélux. Facteur d’importance, les récentes mesures politiques tendent vers un allègement de l’impôt et des charges pour s’aligner sur les taux de prélèvement européen.

France versus Europe : un smic compétitif, avec des charges patronales revues à la baisse

Les différentes réformes ont permis des allègements de cotisation sociales aboutissant à une réduction des charges patronales. Ces dernières ont été divisées par huit pour les salaires proches du SMIC (salaire minimum).

Ces dispositifs ont instauré une véritable progressivité des charges sociales en France.

En 2020, le SMIC mensuel brut (sur une base de 35 heures) s'élève à : 1 539,42 €.
Les charges patronales après abattement s'élèvent à 6,20 %, soit 94 €.

Comparaison des salaires minimum en Europe :

Une compétitivité permise grâce à cette progressivité des charges patronales :

La mise en place de ces mesures a permis à la France de devenir ces dernières années un des pays les plus compétitifs d’Europe concernant les bas salaires.

L’ensemble des autres pays européens ne pratiquant, à quelques exceptions près, que des taux de cotisation uniformes, le poids des charges globales est en général beaucoup plus lourd sur les faibles rémunérations.

L’ensemble des charges (patronales et salariales) est de 32 % en France contre 39% en Allemagne, 38% en Italie et en Suède, 36% en Espagne.

(Source : RFI 2017)

Focus Hauts-de-France: Compétitivité des coûts salariaux

Le coût des opérateurs qualifiés, moins cher en Hauts-de-France

Ces qualités du site France se retrouvent évidemment à l’échelon régional. Par rapport aux autres territoires en Europe, les Hauts-de-France offrent un avantage concurrentiel notoire sur les coûts salariaux des opérateurs qualifiés.

LA RÉGION HAUTS-DE-FRANCE MOINS CHÈRE QUE SES CONCURRENTS...

Benchmark sur le coût du travail :
les Hauts-de-France, moins chers que ses voisins européens

Une étude menée par NFI et EY en 2016, met en lumière des écarts de salaire entre les Hauts-de-France et ses voisins européens. Ces chiffres vont vous surprendre !

Idée reçue n° 2 : [Compétitivité] La productivité en France n'est pas suffisante pour mes besoins

Entretien avec Olivier Silva, Directeur de l’usine MCA (Maubeuge Construction Automobile), Groupe Renault-Nissan

Le site de production de Maubeuge est aujourd’hui une référence nationale en matière de productivité, d’innovation et de climat social.

« Notre productivité est presque deux fois plus élevée que la moyenne des usines de carrosserie-montage en France »

 

Pouvez-vous nous parler de votre productivité ?

O.S : En matière de productivité, MCA détient le record des usines France avec 100 véhicules par salarié produits par an.

Notre productivité est presque deux fois plus élevée que la moyenne des usines de carrosserie-montage en France (le groupe Renault vise 60 à 90 véhicules d’ici 2020 pour l’ensemble de ces usines, NDLR.). Cette productivité et la qualité de la production expliquent la venue de Daimler.

Qu’est-ce qui différencie votre site Haut-de-France des autres sites (en France ou à l’international) ?

O.S : L’une des principales forces de l’usine est d’être très compacte. On peut traverser l’usine à pied ! (La superficie du site est de 83,46 ha, dont 23,8 ha de bâtiments couverts, NDLR). Cet aspect permet d’optimiser les stocks. Cela a également concouru à être plus performant sur l’amortissement des pièces et sur le coût de revient d’un véhicule. Nous bénéficions, par ailleurs, d’une main d’œuvre impliquée. Cela dit, nous sommes surtout une usine à la pointe de l’innovation notamment sur les thèmes de l’industrie connectée et de l’automatisation de la chaine de montage.


Quel est, selon vous, le meilleur atout des Hauts-de-France ?

O.S : Une fois en poste, on réalise vite en tant que directeur d’usine dans les Hauts-de-France que la situation est particulièrement favorable à l’export. Nous nous situons au carrefour de l’Europe, avec comme voisins l’Angleterre, l’Allemagne et le Benelux. La multi-modalité est également le point fort de la région au niveau des ruptures de charge fleuve, route, rail. La culture industrielle et surtout automobile est également très présente dans la région, ce qui favorise les actions entre les partenaires.

Idée reçue n°3 : [Ressources humaines] Les congés en France sont un frein à mon développement

Certains préjugés sont coriaces. « La France le pays des vacances ! ».

Certains investisseurs ont ce cliché en tête et n’en démordent pas. Pourtant, depuis 1982, la durée de congés annuelle n’a pas évolué. Les salariés employés par les entreprises se situant en France bénéficient de 5 semaines de congés payés.

On pourrait trouver cela élevé. Cependant certains pays sont encore plus généreux que la France.

La France n’est pas en tête du podium européen en matière de congé

 

 

Au delà des jours de congé, le sujet de l'absentéisme serait perçu comme un frein à l'engagement des salariés. Le système de santé particulièrement protecteur pour les français peut faire penser qu'il serait générateur d'abus.

Cette idée reçue est pourtant bien éloignée de la réalité des entreprises implantées en Hauts-de-France.

Témoignage business : Pierre-Jean Eraud, Manufacturing Director Dunlop Goodyear Amiens

Quid de l’absentéisme et de l’engagement de vos salariés ?

P-J.E : les salariés sont impliqués et attachés. On ne constate pas d’abus. Peu de personnes décident de sortir de la société. La moyenne d’âge des salariés est de 42 ans. Et des personnes chez nous font des carrières très longues. Les conditions de travail sont exigeantes mais notre environnement de travail est satisfaisant en termes de bruit, d’éclairage, de salissures. Nous mesurons l’absentéisme via les arrêts de moins de 30 jours : entre 2,6% et 2,7%. Ce qui nous positionne dans le trio de tête des 13 usines en Europe.

Idée reçue n°4 : [Flexibilité] En France, l’organisation du travail est trop rigide pour mon business

Les préjugés ont la vie belle. Et en particulier, la question du temps de travail en France. La réforme des 35 heures a marqué les esprits. Pourtant, le cadre légal actuel autorise de nombreux aménagements.

La loi prévoit notamment sous certaines conditions l'interruption partielle de l'activité ou la possibilité de négocier un nouveau contrat de performance dans l'entreprise, comme l’augmentation du temps de travail sans augmenter les salaires.

Focus sur quelques mesures emblématiques.

Plus de flexibilité du temps de travail grâce aux nouvelles ordonnances 

En France, la durée légale de travail est de 35 heures, mais il est possible d’augmenter ce volume à :

  • 44 h par semaine sur 12 semaines, à la suite d’un accord de branche.
  • 46 h sur 12 semaines, avec un accord d’entreprise.
  • 60 h par semaine au lieu de 48 h en volume horaire maximal, avec l’accord de l’inspection du travail et de l’entreprise.

Le saviez-vous ?

Les heures supplémentaires en France sont plafonnées à 220 h. Elles peuvent être augmentées à 350 h via un accord d’entreprise. A titre de comparaison, elles sont limitées à 150 h en Pologne.

Le cadre juridique gagne en souplesse sur la gestion RH des effectifs

L'accord emploi/compétitivité, créé par une ordonnance de 2017, apporte plus de flexibilité sur les sujets du maintien de l'emploi, de sa préservation ou de son développement, de la mobilité interne et de la réduction du temps de travail.

Entre autres, les dernières ordonnances prévoient qu’un accord d’entreprise peut remplacer les dispositions d'un accord de branche ou du contrat de travail, même si ce dernier est moins favorable aux salariés. Cet accord peut concerner :

  • La modification de la durée du travail (sur une période limitée dans le temps) ; 
  • Le mode de rémunération des heures supplémentaires ;
  • Le nombre de RTT (réduction du temps de travail).

L’emploi intérimaire en France rend la main d’œuvre beaucoup plus flexible 

Les entreprises bénéficient d'une grande flexibilité avec l’emploi intérimaire. 

Grâce à ce système, elles ont recours à des contrats à court terme (intérimaires) qui permettent de s'adapter aux besoins de production.

Il est également possible de transférer la responsabilité de la formation aux agences de main-d'œuvre.

Ainsi, la France est l'un des plus grands marchés de l'intérim avec 750 000 ETP (équivalent temps plein). Sans compter qu’il est désormais possible de recruter des employés sur des contrats d 'exploitation. Il s’agit de "CDI à la mission ». 

Cas pratique : Dunlop Goodyear

Entretien avec Pierre-Jean Eraud, Dunlop Goodyear, Amiens.
Maintenir l’usine au niveau maximal de la compétitivité grâce à un dialogue social efficace. L’exemple de l’usine de pneumatiques Dunlop Goodyear installée à Amiens depuis 1958.

« Le climat social était propice. Entre les premières discussions et le changement de rotation, il s’est passé un délai de deux mois.» 

Quel est aujourd’hui l’organisation de votre production ?

P-J.E : L’usine est ouverte presque toute l’année à savoir 357 jours d’ouverture et ce 24/ 7. 

Comment qualifier votre climat social ?

P-J.E : le climat social est constructif.  Tous les syndicats représentatifs sont présents au sein de l’usine. Le dialogue est ouvert et il existe une volonté commune de faire en sorte que cette usine soit parmi les meilleures du groupe.

Comment l’expliquez-vous ?

P-J.E : Il faut trouver la bonne organisation de travail pour rester productif. 

Cette usine a accepté le changement et de travailler 6 jours de suite. Les contraintes étaient importantes mais les employés avaient bien à l’esprit que la compétitivité nécessitait des efforts.

En combien de temps avez-vous géré ce changement d’organisation ?

P-J.E : Le climat social était propice. Entre les premières discussions et le changement de rotation, il s’est passé un délai de deux mois.

Quelles sont les contreparties pour vos salariés ?

P-J.E : Ils bénéficient de quatre jours de repos, vont en moyenne travailler 32h par semaine et sans baisse du niveau de salaire. En cela, ils voient un intérêt à cette organisation. En revanche, il y a eu un gel des salaires. Mais cela n’a pas provoqué de mouvement social.

Dans notre industrie, il est essentiel de comprendre que la productivité passe essentiellement par l’homme. Sans ce dialogue et cette réorganisation, nous ne serions pas parvenus à augmenter notre capacité de production.

Concrètement, qu’ont permis ces changements ?

P-J.E : de notre côté nous maîtrisons mieux l’outil de production. L’amortissement est meilleur avec une ouverture plus longue.

Idée reçue n°5 : [Flexibilité] En France, il m'est impossible de licencier mes salariés

La loi Travail simplifie le licenciement économique. Les critères qui pourront autoriser les entreprises à avoir recours à ce type de licenciement ont été élargis. Ils concernent la taille de l’entreprise et le chiffre d’affaires.

Concrètement, l'application de ces critères dépend de la taille de l'entreprise. Ces mesures sont entrées en vigueur le 1er décembre 2016 :

 

Idée reçue n°6 : [Économie] La France n’est pas le bon choix pour mon projet d'investissement industriel

La France est reconnue à l’étranger comme le pays du luxe, du rayonnement touristique, de la gastronomie, ou encore du dynamisme culturel.

Mais les chefs d’entreprises internationaux n’ont pas le réflexe France lorsqu’on parle d’industrie. Si bien que l’on croit aujourd’hui encore que la France ne possède plus d’appareil productif performant.

On pense souvent à tort que le site France n’a pas pris le train de la modernité industrielle.

Et pourtant… les statistiques prouvent le contraire : A l’échelon européen, la France est le pays qui attire le plus de projets industriels, la région Hauts-de-France en tête. 

La France est le premier pays européen pour les investissements industriels

En 2018, les projets d’investissements industriels étrangers en France ont augmenté de 5%. Avec 339 nouvelles implantations de sites de production (dont 80 % d’extensions), la France reste en tête du palmarès européen.

Au sein du top 5, le Royaume-Uni enregistre la plus forte baisse des IDE industriels (-35 %, avec 140 projets). Il recule de la 2e à la 4e place pour se placer juste devant la Pologne (129 projets).

Cas pratique - Toyota Motor Manufacturing France

Entretien avec Luciano Biondo, Président de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) Onnaing

« Depuis le démarrage en 2001, nous avons investi 1,5 milliard d’euros dans le site des Hauts-de-France. »

Que signifie le made in France pour Toyota ?

L. B. : D’après nos collègues des ventes, c’est un argument de poids. Le made in France est souvent le 3e ou 4e critère de choix qui pèse dans la décision d’achat. Sur le marché français, l’argument est même encore plus haut car la performance de Toyota Valenciennes montre que nous sommes capables encore en 2020 de produire des citadines en France.

Pouvez-vous nous préciser votre contexte concurrentiel ?

L. B. : Le coût de la main d’oeuvre est plus cher. Mais ce coût est clairement compensé par l’implication des opérateurs et le climat social. Nous avons gagné 20% de productivité en 4 ans. De plus, les coûts logistiques sont moindres et plus maîtrisés que si nous étions basés dans un autre pays européen. Nous sommes au coeur de notre marché.

Qu’est-ce qui différencie votre site Haut-de-France des autres ?

L. B. : L’atout est géographique : quand on trace un cercle de 300 kms, on touche 110 millions d’habitants, essentiellement citadins. Le dynamisme des collectivités locales, agglomération, département, Région est à souligner. Elles défendent l’emploi industriel et nos projets.

Auriez-vous un conseil à donner à une entreprise qui voudrait s’implanter ici ?

L. B. : Les entreprises ont parfois tendance à se faire une montagne du dialogue social ou de la lourdeur des procédures. Les patrons se font une idée qui n’est pas forcément positive alors que notre usine démontre qu’avec le personnel et les représentants, cela se passe pour le mieux.

De plus, les services de l’État, des collectivités et des agences de développement se retroussent les manches pour que les investisseurs puissent s’implanter et opérer de façon à lever un maximum de contraintes. Ils nous rendent concrètement la vie plus simple.

Finalement, mon conseil est celui de rassurer les investisseurs de l’accueil qui leur est réservé. Il persiste des idées reçues qu’il faut déconstruire à coup d’exemples, comme le nôtre...

FOCUS Hauts-de-France : Compétitivité des coûts salariaux

1ère région d’accueil des IDE industriels

Depuis 4 ans, les Hauts-de-France se classent 1ère région d’accueil des investissements industriels étrangers. La culture industrielle très forte des salariés et les infrastructures exceptionnelles de la région en font un territoire de choix pour les activités de production.

(source : Business France 2019)

Idée reçue n°7 : [Concurrence] J'implanterai mon futur site en Allemagne, car c'est là que se concentre l'industrie automobile

Le leader de la production automobile européenne est incontestablement l’Allemagne. Soutenue par l’État et spécialisée dans les modèles haut-de-gamme, la filière automobile allemande peut s’enorgueillir d’être le 3ème pays au monde pour ce qui concerne l’assemblage de voitures particulières (derrière la Chine et le Japon).

Cependant la France est un challenger que son voisin doit prendre très au sérieux. Le durcissement des exigences environnementales en Europe est notamment favorable aux Français qui se développent très fort sur l’électrique.

L’automobile, un secteur stratégique pour le site France

L’automobile est un actif stratégique pour l’économie de notre pays. Le secteur relève aussi du patrimoine national. La France est une des nations pionnières de l’automobile.

Plus de 1 000 constructeurs français ont vu le jour depuis les débuts de l’automobile. Cette industrie a profondément marqué le territoire et ses habitants.

 

Le véhicule électrique, l’opportunité saisie par l’industrie automobile française

Le marché du véhicule électrique affiche des records en 2019 ! le segment du véhicule léger électrifié dépasse la barre des 42 000 unités sur l’année. Cela représente une hausse de + 37 % par rapport à 2018 et une part de marché moyenne de 1,9%.

Le marché de l'utilitaire léger électrique affiche également une croissance stable passant de 3 151 unités vendues en 2016 à 7 879 en 2019.

[Coût du travail] Le saviez-vous ?

Dans l’industrie, depuis 2016, en raison d’accords de branche, le coût horaire de la main d’œuvre est moins cher en France (38,3€) qu’en Allemagne (38,8€).

Source : INSEE, 2018

Focus : Les Hauts-de-France, 1ère région automobile de France

L’industrie automobile française se concentre sur quelques territoires stratégiques. 1ère région automobile française en nombre de véhicules produits, Les Hauts-de-France sont la destination incontournable des projets d’investissement automobiles. La région représente :

Point de vue sur la filière 

Entretien avec Luc Messien, Délégué général ARIA Hauts-de-France (Association Régionale des Industriels de l'Automobile)

 « Les Hauts-de-France ont toujours été une terre d’accueil »

Quelles raisons expliquent encore aujourd’hui que le territoire des Hauts-de-France est la région qui porte la filière industrielle ?

L.M : Les Hauts-de-France ont toujours été une terre d’accueil, à tous points de vue. Entre autres, Peugeot Citroën s’est installée en 1954 à Trith-Saint-Léger, Renault à Maubeuge en 1969 et Toyota en 1998 à Onnaing, trois villes à proximité de Valenciennes et de Lille. Aujourd’hui, les constructeurs continuent d’investir dans ces sites de production pour maintenir un haut niveau de compétitivité. 

Par exemple, Toyota a investi depuis 2018, 300 millions pour implémenter son concept d’usine dernière génération (Toyota new global Architecture). L’objectif : s’aligner sur certains sites les plus compétitifs et à la pointe de l’innovation situés en Turquie ou au Japon. Dans le même laps de temps, Renault a choisi d’investir pour la production et le développement du véhicule électrique sur les 3 sites de la région Hauts-de-France. 

L’usine de Douai accueillera la plateforme industrielle électrique de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi pour la production des futures voitures à batterie de Renault. Sur le site de Maubeuge, de Kangoo électrique ZE connaît des débuts très encourageants.

Enfin, l’usine STA de Ruitz produit depuis 2019 la boîte de vitesse pour véhicules électrifiés. Le plan de Renault prévoit d’ailleurs d’investir 1 milliard d’euros sur la totalité des sites français. Ces investissements s’accompagneront de recrutements dans la région. Vous l’aurez compris. Nous accueillons historiquement les acteurs de la filière automobile. Et ces sites deviennent rapidement des usines de référence au niveau mondial.

En dehors des investissements, y a-t-il des facteurs structurels qui expliquent cette tendance ? 

L.M : Nous bénéficions d’infrastructures compétitives qu’il s’agisse d’installations maritimes, ferrées ou routières. Exemple avec Delta 3- Dourges, créée en 2003 qui est l’une des plateformes multimodale (rail, route, voie fluviale) les plus efficaces d’Europe.

Nous sommes également reconnus pour la qualité de notre main d’œuvre. Cette dernière est très agile et peut rapidement s’adapter à la modernisation des métiers ou au passage à un nouveau secteur d’activité.

Nous bénéficions également d’un contexte géographique qui nous place au carrefour de l’Europe à mi-route entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. Et notre « plat pays » permet une mobilité routière intéressante.

L’automobile, premier moteur de l’innovation en France

La statistique à retenir : 

En 2018, une entreprise sur cinq qui dépose un brevet appartient au secteur automobile.

L’édition 2018 du palmarès INPI souligne la force de l’industrie française et de sa filière automobile, avec des champions mondiaux. Valeo et PSA sont toujours en tête du classement, avec plus de 1 000 demandes de brevets.

 Le secteur automobile, très présent dans la tête du classement des brevets déposés en 2018.



Le saviez-vous ?

L’État soutient chaque année l’innovation de la filière automobile. Parmi les projets notoires, la France souhaite créer, d’ici 2020, une filière de batteries nouvelle génération avec l’Allemagne. Le gouvernement abondera ce projet à hauteur de 700 M d’euros sur 5 ans.

La France et l'Allemagne lancent ainsi officiellement une sorte d’"Airbus des batteries" pour les voitures électriques (source : Reuters 3 mai 2019). Ce consortium prévoit la construction de deux usines de production, en Allemagne et en France, à l'horizon 2022-2023, avec 1 500 emplois chacune.

Ces sites produiront des batteries liquides "améliorées", c'est-à-dire plus performantes, tout en continuant de fonctionner avec la technologie actuelle. À terme, la filière européenne devrait couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'extraction des minerais au recyclage des batteries.

Idée reçue n°8 : [Formalités] Créer ma filiale en France est trop compliqué 

La bureaucratie française et ses procédures ont parfois mauvaise presse. Mais les choses ont changé aussi sur le plan administratif. L’Etat mène un véritable effort de simplification pour faciliter la vie des entreprises.

Fini les déplacements dans les multiples bureaux, maintenant tout se fait par internet pour un gain de temps considérable et une facilitation des démarches.

En France, les délais pour effectuer les démarches sont les plus courts de l’UE

Tout d’abord il est bon de rappeler que l’installation d’une société étrangère en France ne prend pas plus de temps et n’est pas plus complexe que la création d’une société française.

D’après les données de la banque mondiale, le temps nécessaire pour effectuer les démarches et ainsi démarrer une entreprise est de 4 jours. Ce délai est un record en Union Européenne, où la moyenne est de 13 jours, et positionne ainsi la France à la 6ème place mondiale.


Source : Banque mondiale 2018
(Le temps nécessaire pour créer une entreprise est le nombre de jours calendaires requis pour remplir toutes les procédures permettant d'exploiter en toute légalité une entreprise. Si une procédure peut être accélérée moyennant des frais additionnels, la procédure la plus rapide sera utilisée pour ce calcul, peu importe les frais.)

Toujours d’après la Banque Mondiale, il faut réaliser 5 procédures pour démarrer son business en France, contre 7 pour la moyenne mondiale.

Source : Banque mondiale 2018

(Les procédures de démarrage sont celles qui sont nécessaires pour créer une entreprise, notamment les interactions pour obtenir les permis et licences requis et pour compléter toutes les inscriptions, vérifications et publications d'avis nécessaires pour lancer les opérations. Les données sont pour des entreprises ayant des caractéristiques spécifiques de propriété, de taille et de type de production.)

5 étapes majeures pour créer son entreprise en France

1/ Choisir la modalité d’implantation : Bureau de liaison / Succursale / Filiale

2/ Rédiger l’annonce légale

2/ Choisir et rédiger son statut juridique : SA / SAS / SARL

4/ Déposer le capital social sur un compte prévu à cet effet

5/ Faire les déclarations et s’immatriculer

Le délai de traitement du dossier

Le délai moyen entre la finalisation de constitution et la mise en route opérationnelle de la société est de l’ordre d’un mois en France. Les démarches s’effectuent en ligne sur le site guichet-entreprises.fr.

Ces délais sont donnés à titre indicatifs et peuvent varier en fonction de la recevabilité du dossier transmis et du besoin éventuel par les organismes, de pièces ou d’information complémentaires.

 

Démarrer son activité avant la création de sa société : c’est possible

On considère qu’une société est en formation dès lors que les statuts sont rédigés et signés ou lorsque le dépôt des apports en numéraire a été effectué. Si vous devez démarrer votre activité avant que votre société ne soit immatriculée il est obligatoire d’indiquer sur tous vos documents « société en cours de formation » et de prévoir une annexe aux statuts qui traite le cas des actes accomplis pour le compte de la société en formation et les modalités de reprise de ces derniers. Une fois ces impératifs réglés vous pouvez :

  • Conclure des actes ou réaliser des achats
  • Commencer à vendre

(source : creerentreprise.fr)

Le Centre de formalités des entreprises : facilitateur de la création d’entreprise

Quelle que soit votre modalité d’implantation, toutes les formalités de création d'entreprise peuvent être centralisées auprès du Centre de formalités des entreprises (CFE) le plus proche. Ce dernier se charge de traiter tous les détails administratifs, y compris les documents nécessaires à la création, au changement ou à la fermeture d'entreprises, et les remettent aux autorités compétentes.

L’inscription d’une entreprise ou d’une succursale au Registre du commerce et des sociétés (RCS) ne prend que quelques jours. Au niveau des frais, comptez 50€ pour les formalités administratives et environ 230€ pour les frais de publication d'un avis annonçant la création d'une nouvelle société dans le journal officiel.

Focus Hauts-de-France : Le contrat d’implantation en Hauts-de-France

C’est une démarche unique en France !

En Hauts-de-France, l’État, la Région et les territoires locaux s’unissent pour simplifier et accélérer l’installation d’entreprises portant des projets stratégiques. Les implantations à forts enjeux peuvent bénéficier du contrat d’implantation.

Ce document, à valeur morale, engage les autorités et l’entreprise dans une collaboration pleine et entière pour s’assurer du bon déroulement du projet dans toutes ses dimensions.

Ainsi, les entreprises bénéficiant d’un contrat d’implantation peuvent prétendre à un accompagnement renforcé sur des thématiques stratégiques telles que :

  • L’obtention des autorisations administratives dans un calendrier compatible avec les besoins de l’entreprise ;
  • Le bon déroulement du programme de recrutement et de formation sur la période de montée en charge des opérations ;
  • L’élaboration d’un package d’aides financières (aides au recrutement, à la formation, à l’innovation, à l’investissement, etc.) si le projet est éligible ;
  • La mise en relation avec l’écosystème local et régional pour accélérer la bonne intégration du site dans son environnement ;
  • Le suivi après implantation afin d’anticiper et de solutionner toute difficulté pouvant survenir durant la période de montée en charge du site,

Afin de structurer l’accompagnement de l’entreprise, une équipe projet dédiée est mise en place. En son sein, un interlocuteur unique est assigné à l’entreprise pour gérer l’ensemble des engagements du contrat.

Ainsi, les entreprises soumises à de fortes contraintes trouvent, au sein des Hauts-de-France, toutes les conditions pour mener à bien leur projet de développement.

Nord France Invest, le facilitateur de votre implantation en Hauts-de-France

Pour s’implanter dans un territoire que l’on connaît peu il est indispensable de se faire aider par des partenaires fiables, indépendants et reconnus.

Les agences de promotion économique sont de bons soutiens. Elles permettent de gagner du temps et de l’argent car leurs services sont majoritairement gratuits pour les entreprises internationales. Elles visent à construire une relation gagnant-gagnant entre le territoire d’implantation et l’entreprise qui souhaite y investir.

Chez Nord France Invest, l’agence de promotion économique des Hauts-de-France, nous concentrons nos efforts pour offrir à chaque entreprise les réponses à ses questions et la solution d’implantation correspondant le plus étroitement possible à ses enjeux.

Depuis notre création en 1967, nous avons accompagné 1 300 entreprises dans leurs projets d’implantation.

Ces 20 dernières années, 113 projets d’investissement spécifiques à l’industrie automobile ont été implantés en Hauts-de-France avec l’aide de l’agence. 

Chaque projet d’implantation est unique et nécessite un niveau de soutien différent en fonction de son degré de maturité et de ses enjeux.

Nous avons donc élaboré un accompagnement à chaque étape clé du processus d’implantation. Nos services sont 100% confidentiels et à coût zéro pour les entreprises internationales. Ils sont d’ores et déjà pris en charge par nos financeurs (Conseil Régional Hauts-de-France et Chambre de Commerce et d’Industrie Hauts-de-France). 

A chaque étape, une expertise dédiée

Étape 1 : Centraliser et fournir l’information adéquate

Nous partons de votre cahier des charges pour cerner vos besoins spécifiques. Nous travaillons avec nos partenaires afin de vous fournir une réponse centralisée, répondant à l’ensemble de vos problématiques.

Étape 2 : Recherche de solutions adaptées

Nous établissons ensuite un dossier d’offres regroupant les différentes solutions immobilières, foncières, d’acquisitions ou partenariales correspondant à vos besoins.

À la suite de votre sélection des meilleures propositions, nous organisons votre venue sur les sites. Nous construisons un programme de visites afin d’optimiser votre temps.

Étape 3 : Ingénierie financière et démarches administratives

Nous identifions les aides publiques adéquates et mobilisons tous les dispositifs d’appui.

Nord France Invest dispose d’un réseau puissant mis à votre disposition. Nous facilitons vos relations avec les autorités locales, régionales et nationales. Nous vous accompagnons afin d’accélérer vos démarches administratives et vous conseillons lors des prises de contacts avec les décideurs locaux.

Étape 4 : L’après implantation

Avec nos partenaires, nous facilitons votre insertion dans le tissu économique local et vous aidons à développer votre réseau. Une fois votre intégration terminée, nous restons présents et disponibles pour vous accompagner dans vos futurs développements.

 

Conclusion

Non, les Français ne sont pas toujours en vacances, ni ne rechignent à la tâche. Non, l’Allemagne n’est pas le seul pays automobile au sein du Vieux-Continent.

Oui, La France est un choix « premium » pour les investissements étrangers et en particulier pour l’industrie.

D’autant que l'attractivité du site France se renforce toujours plus. D'après EY, le nombre d'investissements étrangers a progressé de 1% l'an dernier pour atteindre un niveau inégalé depuis 11 ans (rapport avril 2019). Au même moment, l’attractivité de l’Allemagne et du Royaume-Uni ralentit.

D’un point de vue administratif, fiscal et social, le gouvernement français poursuit son travail de simplification des procédures, de flexibilisation du travail et d’allègement des charges pour les entreprises. Autant d’efforts qui permettent aujourd’hui de déconstruire les grands marronniers du manque d’attractivité du pays. 

Surtout, le site France présente de véritables opportunités et en particulier pour le secteur automobile. Cette filière fait tout simplement partie de l’ADN français. L’attachement au secteur explique l’engagement de la main d’œuvre. Le développement de nouveaux partenariats entre constructeurs et le renforcement local de grands groupes tels que Nissan-Renault ou encore Peugeot-Citroën illustrent un écosystème dynamique enclin à accueillir de nouveaux acteurs de la filière.

Si l’on zoome un peu au sein de ce territoire, les Hauts-de-France recèlent de qualités structurelles pour accueillir de nouveaux acteurs de cette industrie ou renforcer les positions d’entreprises déjà présentes. Effectivement, nombreux sont les sites de production des Hauts-de-France à être plus compétitifs que leurs voisins nationaux et internationaux. La région possède même des fleurons mondiaux comme l’atteste les témoignages d’Olivier Silva, directeur de MCA, de Pierre-Jean Eraud, Directeur de Dunlop Amiens et de Luciano Biondo, Président de Toyota Manufacturing Motor France.

Reste à savoir si le projet vous tente… à la condition, bien sûr, que vos idées reçues sur la France soient parties en fumée !

 

Remerciements

Nous tenions à remercier pour leur disponibilité, leur expertise et leur contribution :

  • Pierre-Jean Eraud, Directeur Général - Goodyear Dunlop, Amiens
  • Luc Messien, Délégué Général - ARIA Hauts-de-France
  • Olivier Silva, Directeur Général - MCA
  • Philippe Farge, Délégué Régional Nord Est - Groupe Renault
  • Luciano Biondo, Président - Toyota Motor Manufacturing France 

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