5 tendances agroalimentaires à surveiller

17 Sep 2021
Temps de lecture estimé : 6 minutes
5 tendances agroalimentaires à surveiller
17 Sep 2021
Temps de lecture estimé : 6 minutes

Le marché agroalimentaire en France est un marché solide et mature. Le chiffre d’affaires annuel de l’industrie agroalimentaire française, 200 milliards d’€, illustre bien cette force.

La maturité du marché agroalimentaire français peut donner le sentiment que, finalement, la croissance est faible et que toutes les places sont déjà prises.

C’est sans compter sur la croissance naturelle du marché et l’évolution des attentes et des comportements alimentaires des consommateurs, qui offrent des perspectives de développement nouvelles pour les acteurs du secteur.

En effet, plusieurs tendances de fond sont désormais incontournables. Ces tendances contribuent à refaçonner le paysage de l’industrie agroalimentaire hexagonale. Elles alimentent également une dynamique d’innovation au niveau de l’écosystème.

Dans cet article, nous vous présentons 5 tendances agroalimentaires à surveiller si vous avez un projet d’investissement dans l’IAA.

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Un fort engouement pour les produits biologiques

Le marché alimentaire bio français connaît une forte croissance depuis le début des années 2010.

En effet, la dépense des ménages en produits alimentaires biologiques est passée de 3,7 milliards € en 2010 à 13,2 milliards € en 2020. Elle a donc presque doublé en l’espace de 5 ans, entre 2015 et 2020 et représente 6,5% de la dépense alimentaire des ménages sur cette dernière année.

Consommation bio en France

Même si, en raison de la crise sanitaire, les achats de produits bio par la restauration hors domicile ont connu une baisse importante, les perspectives du secteur restent florissantes.

Non seulement l’activité de la restauration semble devoir revenir à la normale. Mais, de plus, la loi EGALIM, qui fixe un objectif d’introduction de 20% de produits bio en restauration collective, devrait soutenir la croissance de la filière.

En 2020, les fruits, légumes, œufs et produits laitiers représentent plus de la moitié (56%) du marché bio de détail. Néanmoins, ce sont les produits transformés qui présentent la plus forte croissance. Ainsi, les bières bio ont enregistré une croissance de 33% en 2020. Les surgelés bio ont connu une hausse de 30%. Enfin, la croissance des produits d’épicerie bio a atteint 17%.

Achat de produits bios par catégories

Malgré la forte demande, le taux d’importation de produits bio reste stable. Les Français privilégient (hormis pour les produits tropicaux, évidemment) un approvisionnement responsable et une fabrication française.

En termes de production, la surface bio a doublé en 5 ans. Avec 2,5 millions d’hectares, le bio représente désormais 9,5% de la surface agricole française.

 

Le made in France, un gage de qualité pour les consommateurs

L’origine des produits alimentaires est un critère de choix essentiel pour les Français. Selon une étude IFOP de 2019, 90% des sondés déclarent que l’origine française des produits alimentaires importe beaucoup plus que pour tout autre type de produit.

Même si les incertitudes économiques liées à la crise sanitaire ont rehaussé l’importance du critère « prix », le made in France reste une tendance de fond. Selon une étude OpinionWay, 61% des sondés déclarent acheter plus souvent des produits fabriqués en France depuis le début de la pandémie et 96% envisagent d’en consommer autant ou plus à l’avenir. Là encore, l’alimentaire et les boissons figurent en tête des produits pour lesquels le « made in France » est privilégié.

Pour les consommateurs, le label « made in France » présente plusieurs bénéfices :

  • Une traçabilité des produits
  • Un gage de qualité et de savoir-faire
  • Le sentiment de participer au maintien de l’activité économique et de l’emploi local

L’appétit des consommateurs pour le « made in France » répond aussi à une volonté de consommer de manière éco-responsable, en privilégiant des circuits locaux et des approvisionnements responsables.

Enfin, le « made in France » apporte aussi une valeur ajoutée à l’export. Les produits fabriqués en France sont reconnus à l’international pour leur qualité. C’est particulièrement vrai pour les produits alimentaires qui bénéficient notamment de l’image positive de la gastronomie française à l’étranger.

 » La mention « Fabriqué en France » est pour nous un avantage indéniable. Sur le marché français, c’est évident. Pour le marché asiatique [NDLR : le marché asiatique représente 30% de la production du site Häagen Daz d’Arras] le fait de fabriquer une crème glacée de luxe en France rehausse cette image de produit qualitatif. »
David Caron, Directeur du site General Mills – Häagen-Dazs d’Arras

Les qualités nutritionnelles au cœur des préoccupations des consommateurs

La nutrition demeure une tendance forte sur le marché agroalimentaire mondial. Les consommateurs recherchent de façon croissante des produits qui contribuent à une alimentation saine. Ils sont nombreux à privilégier, si possible, des produits moins gras, moins sucrés…
Les professionnels de l’agroalimentaire s’emparent de cette tendance. On a vu fleurir ces dernières années sur les packagings, des mentions indiquant des produits sans OGM, sans gluten, contenant moins de sel, moins de sucre, sans additifs, sans colorants (ou seulement avec des colorants naturels), des jambons « sans nitrites », des vins « sans sulfites ajoutés »…

La transparence est désormais de mise pour les entreprises agroalimentaires, d’autant que des applications comme Yuka, par exemple, permettent aux consommateurs d’obtenir facilement des informations sur la composition des produits et leur impact sur la santé.

En France, le gouvernement accompagne cette évolution à travers la mise en place du Nutri-Score, qui aide les consommateurs à identifier rapidement les qualités nutritionnelles d’un produit.

Le Nutri-score francais

Une exigence forte en termes de RSE

La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est une démarche qui consiste, pour une entreprise, à intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans ses activités commerciales et ses relations.

Elle offre une grille de lecture et d’analyse différente et complémentaire à celle des performances financières des entreprises. La nature même des activités agroalimentaires implique des exigences des consommateurs en matière de RSE.

Nous avons déjà pointé la volonté d’une consommation – et donc, d’une production – éco-responsable. Cette tendance revêt plusieurs aspects, parmi lesquels le respect des bonnes pratiques agricoles et des territoires, la limitation des émissions de déchets et de gaz à effet de serre.

La RSE comprend également des enjeux sociaux : qualité de vie au travail, relations avec l’écosystème des fournisseurs et sous-traitants.

Les engagements RSE de McCain

Premier producteur mondial de produits alimentaires à base de pomme de terre, McCain est aussi un acteur majeur de l’IAA dans la région Hauts-de-France. En effet, le siège européen de l’entreprise se situe à Harnes et McCain possède 2 usines en région (Harnes et Béthune).

Fidèle à sa culture familiale et proche des producteurs, McCain s’engage en faveur des agriculteurs et de l’environnement. L’entreprise s’investit particulièrement dans le World Forum for a Responsible Economy. Dans son récent rapport RSE Global, McCain met en avant 4 engagements : une agriculture raisonnée et durable ; des opérations efficaces en termes de gestion des ressources ; une bonne alimentation ; des communautés épanouies.

Comme l’affirme Erwin Pardon, PDG Europe de McCain, ces engagements font écho aux valeurs de la marque : Famille, Authenticité, Qualité et Confiance.

Pour les acteurs de l’IAA, il est désormais essentiel de piloter ses objectifs RSE de manière formalisée et constante.

Le développement des marchés végétarien et vegan

La tendance végane et végétarienne est en plein essor. En effet, selon BPI France, 40% des Français veulent consommer davantage de produits végétaux.

Le véganisme puise ses origines dans une forte sensibilité au bien-être animal. Pour beaucoup de consommateurs, ce sont aussi les considérations écologiques qui pèsent sur leur choix de consommer moins de viande. En effet, l’élevage – et, en particulier, l’élevage intensif – serait responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre.

Si seulement 4% des Français se déclarent végétariens, beaucoup de consommateurs optent pour un régime flexitarien en réduisant leur consommation de viande au profit d’alternatives végétales.

Le développement des protéines végétales pour l’alimentation humaine répond à ces nouveaux comportements alimentaires et ouvre de nouvelles voies pour les acteurs de l’industrie agroalimentaire.

« La demande en aliments d’origine végétale, et en particulier en protéines végétales, est en plein essor. […] Nous avons déjà investi dans deux sites de production de protéines de pois : un en Europe (Vic-Sur-Aisne, en Hauts-de-France) et un en Amérique du Nord (Manitoba, Canada). Leur capacité combinée de transformation des pois sera la plus importante dans le monde. »

Jean-Philippe Azoulay, Vice-Président secteur Pois et Nouvelles Protéines, Roquette

Les enjeux écologiques et sociaux impactent fortement les attentes des consommateurs envers l’industrie agroalimentaire.

Les 5 tendances que nous avons pointées dans cet article se recoupent et témoignent d’un désir de manger mieux, plus sainement et de façon plus responsable. Les acteurs de l’IAA doivent absolument prendre en compte ces attentes pour innover et investir dans les filières d’avenir.

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