Comment l’industrie agroalimentaire en France a fait face à la crise Covid

18 Nov 2021
Temps de lecture estimé : 5 minutes
Comment l’industrie agroalimentaire en France a fait face à la crise Covid
18 Nov 2021
Temps de lecture estimé : 5 minutes

Vous songez à développer votre activité agroalimentaire sur le territoire français ?

Dans ce cas, vous êtes probablement très attentif à l’évolution du secteur et, en particulier, aux impacts de la crise COVID sur le marché agroalimentaire hexagonal.
De manière générale, le marché IAA en France reste un marché en croissance, mature mais solide. Certains secteurs, en pleine évolution, offrent de belles opportunités aux candidats à l’implantation.

L’IAA française s’est globalement montrée très résiliente face à la crise sanitaire, malgré des disparités entre les secteurs.
Dans cet article, découvrez comment l’IAA a fait face à la pandémie, quels ont été les « gagnants » de la crise et comment les entreprises se sont mobilisées pour assurer la continuité de leur activité en dépit des difficultés.

 

Quelles évolutions la crise COVID a-t-elle engendrées ?

La crise sanitaire, en France, a relativement peu affecté la production des industries agroalimentaires. En volume, celle-ci n’a reculé que de 2,9% en 2020, soit une baisse 3 à 4 fois moins importante que celle enregistrée sur l’ensemble des activités industrielles.

La relative bonne santé des IAA s’explique par plusieurs facteurs :

  • Le fait que l’IAA réponde à un besoin primaire : de ce fait, elle est relativement épargnée en temps de crise où les consommateurs ont plutôt tendance à rogner sur d’autres dépenses
  • La réactivité des entreprises pour maintenir la continuité de leurs activités
  • Un recentrage des consommateurs sur le « made in France »
  • Un rééquilibrage entre les pertes des entreprises dépendantes du CHD (circuit hors domicile) et les gains des acteurs positionnés sur le circuit GMS et la restauration à domicile

 

En résumé, si le bilan global est plutôt satisfaisant au regard de la conjoncture, il faut tout de même considérer les fortes disparités entre les acteurs.
Les confinements et la fermeture des bars et restaurants ont été très préjudiciables à certains secteurs, comme les boissons et la transformation de la pomme de terre.

En revanche, dans le même temps, les Français ont disposé de temps supplémentaire pour cuisiner ou se restaurer à la maison. Les confinements, dans un premier temps et, plus largement, le développement du télétravail, ont modifié les habitudes alimentaires des consommateurs.

Le développement de tendances issues de la crise

La crise sanitaire a un impact sur les comportements alimentaires des Français. Elle a aussi obligé les acteurs du secteur à s’organiser autrement, au moins pendant les confinements. Elle a ainsi contribué à l’émergence ou à l’essor de plusieurs tendances.

Le boom des circuits courts

Pendant les confinements, nombre de consommateurs se sont tournés vers les circuits courts, notamment pour l’achat de produits frais (légumes, produits laitiers, œufs, viande …).

La demande pour ce type de distribution s’explique par plusieurs facteurs :

  • aspiration au localisme soutenue également par les craintes sanitaires autour des produits importés
  • volonté de se tourner vers des produits locaux considérés comme plus sains
  • désir de soutenir les producteurs locaux affectés par la crise
  • recentrage vers le “fait maison” et les produits frais
  • limitation des distances et des temps de sortie pendant les confinements

De leur côté, les producteurs se sont organisés pour résister à la crise. Par exemple, les agriculteurs ou les petites entreprises dépendantes de la restauration ont cherché de nouveaux débouchés pour leurs produits. La vente en direct leur a offert davantage de résilience.

Le développement du fait maison

Avec les confinements, les Français ont disposé de temps supplémentaire à la maison. Les restaurants sont restés fermés pendant une longue période. Aussi nous sommes nombreux à nous être (re)découvert une passion pour la cuisine.

Le “fait maison” a forcément impacté l’industrie agroalimentaire car ses adeptes ont privilégié les produits non transformés. Autre tendance que nous développerons également : la forte augmentation des produits surgelés, qui s’explique notamment par un nombre de repas à domicile beaucoup plus important.

La tendance du “fait maison” devrait perdurer avec le développement du télétravail. En effet, en passant la journée à son domicile, il est plus aisé de s’octroyer un temps de pause dédié à la préparation du repas.

Le développement du e-commerce alimentaire

Les réticences des consommateurs à se rendre en magasin en temps de pandémie ont ouvert la voie au développement de pratiques distanciées d’achat alimentaire.
Le e-commerce et, en particulier, le drive ont explosé en 2020, avec 46,5% de croissance par rapport à 2019. Les drives classiques accaparent 92% de ce marché mais la livraison à domicile et le drive piéton connaissent aussi une forte croissance.
Aujourd’hui, le point de vente n’est plus un passage obligé. Les enseignes l’ont bien compris, comme en atteste, par exemple, le développement par Picard d’une offre de livraison à domicile en partenariat avec Deliveroo.

Quels ont été les secteurs les plus résilients ?

Les produits surgelés

Le secteur des produits surgelés a enregistré une croissance de 8,5% en volume sur les 9 premiers mois de 2020 par rapport à la même période en 2019.

Lors du premier confinement, en mars-avril 2020, les surgelés ont même connu une croissance de 30%. Ils ont été largement plébiscités pour répondre à des besoins inédits de restauration à domicile. Entre la fermeture des établissements scolaires pour les enfants et le télétravail (ou l’interruption temporaire de l’activité) pour les parents, les Français ont changé leurs comportements alimentaires.

Les surgelés sont apparus comme une solution pour préparer rapidement des repas pour toute la famille. Dans un contexte où les consommateurs ont espacé leurs sorties pour faire des achats, la conservation longue des produits surgelés a aussi été un atout. La demande de légumes surgelés, par exemple, n’a jamais été aussi forte que pendant la crise.

Ainsi, les producteurs de produits surgelés ont pu continuer à investir en dépit du contexte global.

Les conserves

Le secteur des conserves a connu un pic de +28% lors du confinement du printemps 2020.

Comme les surgelés, ou encore les pâtes et la farine, les conserves appartiennent à la catégorie des denrées de stockage. Les Français ont privilégié ces produits pour :

  • Préparer facilement des repas familiaux
  • Réduire leur fréquence de déplacement en magasin

Un forte mobilisation des salariés de l’IAA

La résistance de l’industrie agroalimentaire française s’explique en grande partie par la réactivité des entreprises qui ont mis en place les conditions nécessaires pour maintenir leurs activités. Bien sûr, pour rendre possible cette continuité, il a aussi fallu une forte mobilisation des salariés.

En tant que secteur stratégique, l’industrie agroalimentaire a été sollicitée pour « nourrir la nation ». Alors que la plupart des activités étaient à l’arrêt ou au ralenti, les salariés du secteur, dits de « première ligne » ont travaillé durant cette période.

Très vite, à l’annonce des premières mesures, les entreprises se sont organisées pour mettre en œuvre les mesures sanitaires indispensables : gestes barrière, distanciation, port du masque, …

La mise en place de ces mesures a probablement été facilitée par les exigences sanitaires auxquelles l’IAA est déjà soumise en temps ordinaire :

  • Existence d’un « système qualité » porté par des équipes qualifiées en matière de règles d’hygiène, de risque biologique et de gestion de crise sanitaire
  • Nettoyage quotidien, respect des règles d’hygiène et de propreté par tous les personnels
  • séparation entre « activités propres » impliquant des mesures barrières pour protéger le produit, et « activités dites sales » (conditionnement, réception/expédition, maintenance, évacuation des déchets)

Dans le même temps, l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) s’est tout de suite mobilisée pour assurer l’approvisionnement de la grande distribution et éviter d’éventuelles pénuries alimentaires. Pour éviter la pénurie de main-d’œuvre liée aux conséquences du confinement, les entreprises ont aussi pu compter sur la « seconde ligne » en faisant appel aux travailleurs intérimaires.
En dépit des incertitudes et des craintes liées à la situation sanitaire, les salariés de l’IAA ont compris l’importance de leur rôle. Ils ont participé à l’effort collectif, acceptant même parfois d’allonger leur durée hebdomadaire de travail.

 

L’industrie agroalimentaire française a très bien répondu aux défis posés par la crise liée au COVID-19. Les entreprises se sont organisées pour maintenir la continuité de leur activité et de l’approvisionnement aux distributeurs, évitant ainsi les pénuries.

Dans certains secteurs, les entreprises ont également dû répondre à une demande inédite, portée par des changements de comportements alimentaires.
L’exemplarité des acteurs et des salariés de la filière ont permis aux IAA françaises de bien résister, malgré des disparités entre les secteurs.

 

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