Les Hauts-de-France accueillent deux des dix zones industrielles prioritaires identifiées en France par RTE, ce qui en fait un territoire où la capacité électrique est planifiée en amont des projets.
Dunkerque : 5 200 MW de capacité d’accueil dès 2029
Le territoire de Dunkerque concentre 21 % des émissions industrielles de CO2 en France et fait face à des besoins croissants en électricité, portés par des projets majoritairement situés dans le Grand Port Maritime. En février 2026, la CRE a autorisé RTE à construire par anticipation des ouvrages mutualisés créant 5 200 MW de capacité d’accueil dès 2029. La CRE souligne que cette capacité « représente une opportunité pour d’autres projets souhaitant s’implanter dans cette zone ».
Dunkerque fait partie des trois zones industrialo-portuaires classées en priorité 1 par RTE, avec Le Havre et Fos-sur-Mer. Dans ces zones, RTE engage les travaux dès l’obtention des autorisations, sans attendre la concrétisation de chaque projet. Le programme dunkerquois prévoit la création du poste de Flandre-Maritime au sud de Gravelines, dont les travaux de terrassement ont commencé début 2025, et d’un nouveau poste 400 kV dans le secteur de Grande-Synthe, reliés par deux lignes 400 kV d’environ 10 km.
Les projets visés par ce programme couvrent la décarbonation de la sidérurgie, les gigafactories de batteries et la filière du véhicule électrique, la production d’hydrogène et d’e-carburants, et les datacenters.
Valenciennes : une zone prioritaire pour les gigafactories, l’hydrogène et les datacenters
Valenciennes figure parmi les sept zones classées en priorité 2 dans le Schéma décennal de RTE. Le programme prévoit la création d’un nouveau poste 400 kV au sud de Valenciennes, destiné à accueillir les gigafactories de batteries, la production d’hydrogène et d’e-carburants, et les datacenters. Les premières mises en service y sont envisagées vers 2030.
Dans les zones de priorité 2, RTE mène à leur terme les procédures administratives en amont pour « gagner du temps ». Le lancement effectif des travaux reste conditionné à la matérialisation des projets industriels que ces infrastructures ont vocation à alimenter.
Plus largement, RTE prévoit de renforcer l’axe 400 kV entre Petit-Caux, en Normandie, et Argœuves, dans la Somme, principal lien électrique entre les deux régions, pour accompagner la hausse des flux liée notamment à la décarbonation de la zone de Dunkerque.