Investor Day 2026 a laissé la parole à des acteurs de deux filières d’avenir, objet d’une mobilisation de tout l’écosystème économique et politique des Hauts-de-France. Ayumi Kurose, General Manager Industrialization de AESC France et directeur des affaires publiques France d’AESC, symbolise tout d’abord le volontarisme régional pour créer une vallée de la batterie qui devient réalité.
Cette gigafactory de batteries lithium-ion pour véhicules électriques a débuté en 2025 sa production à Lambres-lez-Douai à proximité de l’usine Renault de Douai, son unique client. L’usine de 80 000 m2 représente 1,3 milliard d’euros d’investissement et emploie 1 300 personnes au total grâce à un recrutement essentiellement local réalisé en 18 mois.
« Même si notre site est entièrement automatisé, nous avons besoin de personnels de production et de maintenance. Merci aux acteurs régionaux de l’emploi pour leur mobilisation. Notre difficulté réside dans le fait que la fabrication de batterie constitue un métier totalement nouveau dont l’apprentissage ne peut se faire que par la formation interne, ce qui demande du temps. De fait, le site ne fonctionne aujourd’hui qu’à 50 % de sa capacité ».
Avec en prime un challenge supplémentaire. « Le savoir-faire est au Japon. Nous faisons donc appel aux experts de notre maison-mère pour transmettre leurs compétences dans les Hauts-de-France, ce qui coûte cher ». D’où le souhait d’Ayumi Kurose de voir arriver dans les Hauts-de-France… des concurrents.
Une remarque surprenante mais pleine de bon sens. « La demande en batteries de qualité est considérable alors que l’écosystème autour de cette filière est encore naissant. Plus nous serons nombreux et mieux nous serons structurés ». Le décideur donne ainsi l’exemple des machines utilisées dans les gigafactories conçues et fabriquées à 95 % en Asie.
Autre point soulevé par le General Manager Industrialization de AESC France, lequel peut avoir une incidence sur une décision d’investissement d’envergure : le coût de fabrication de son usine française. « Il représente une enveloppe financière deux à trois fois supérieure à celle de la Chine ». Ayumi Kurose regrette au passage le nombre limité d’entreprises en France en capacité d’assurer la conception et la réalisation d’un tel site. Un levier sous-estimé qu’il faudrait probablement améliorer.